ENTRETIEN AVEC ADÉLAÏDE FERRIÈRE

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Adélaïde Ferrière (1997)
Percussioniste

Il 2022 è il centenario dalla nascita di Iannis Xenakis. Pubblichiamo qui una breve intervista a una delle artiste e interpreti più brillanti della sua generazione, che ha partecipato al documentario Xenakis Revolution: l’architetto del suono realizzato da ARTE, e che a Xenakis dedica la maggior parte del suo repertorio: Adélaïde Ferrière.

Video I – Xenakis: l’architetto del suono

Adélaïde Ferrière (1997)

bIOGRAPHIE

Née dans une famille de musiciens, Adélaïde débute l’apprentissage du piano et de la percussion au Conservatoire de Dijon avant d’intégrer à l’âge de 15 ans la classe du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris, où elle obtient son Master avec les félicitations du jury en 2017. Elle étudie également en 2016 au Royal College of Music de Londres.

Adélaïde Ferrière a participé à de nombreuses créations mondiales, et travaillé avec des compositeurs tels que Philippe Hurel, Thierry Escaich, Martin Matalon, Hugues Dufourt, Alexandros Markeas, Camille Pépin, François Meïmoun, Violeta Cruz, Jean-Pierre Drouet, François Narboni, Mikaël Karlsson, Éric Sleichim, John Palmer, John Psathas…

Elle se produit également avec des artistes tels que Renaud Capuçon, Bertrand Chamayou, Vanessa Benelli Mosell, David Guerrier, Juanjo Mosalini, Adrien La Marca, Pierre-Yves Hodique ainsi qu’au sein du Trio KDM et de la Compagnie Les Insectes créée par Bastien David.

Son premier disque consacré au grand répertoire pour percussion solo « Contemporary » est publié par le label Evidence Classics en 2020 (Le Choix de France Musique, Joker Crescendo Découverte, Sélection Le Monde, Sélection Le Figaro, 4 ** BBC Music Magazine). Une collection digitale de singles autour d’arrangements classiques paraît également en 2020 chez Évidence Classics, et en 2017, la percussionniste enregistre le titre « New York » sur l’album « Cities II » du guitariste Thibault Cauvin pour Sony Classical. Elle apparaît également sur le disque « Des Canyons aux Étoiles » de Messiaen avec l’Orchestre de chambre Nouvelle-Aquitaine sous la direction de Jean-François Heisser publié par Mirare en 2022.

Adélaïde Ferrière est Artiste Yamaha et Kolberg et possède une collection d’arrangements aux Éditions Svitzer. Elle est également soutenue par l’Adami, la Fondation Safran pour la musique, la Fondation suisse Engelberts pour les Arts et la Culture, la Fondation Royaumont, et la Fondation Singer-Polignac où elle est en résidence avec le Trio Xenakis.

MOUSIKÈ – Comment s’expliquer cet intérêt croissant vers Xenakis ? Tout ça n’est dû qu’au centenaire de sa naissance ? 

Personnellement, mon intérêt vers Xenakis remonte bien avant le centenaire. Effectivement, j’ai formé un trio de percussions qui s’appelle proprement Trio Xenakis, trio qu’on a élargi à un sextuor – le Collectif Xenakis. Du point de vue de mon répertoire, également, Xenakis a été un auteur toujours bien présent, au point que j’ai gravé dans mon premier disque, ses trois oeuvres pour percussion seule. 

Par rapport au public, qu’est-ce que cette musique a encore à nous raconter ? Quelle est pour vous l’urgence de la redécouverte de ce musicien ? Force est de constater que la musique contemporaine n’est pas de relief dans tous les pays – pensons, notamment, à l’Italie… 

C’est vrai qu’en France on a la chance d’avoir des lieux dédiés explicitement à la musique contemporaine. J’essaie également d’apporter cette musique – et celle de Xenakis – aussi au public habitué à la musique classique, voire à la musique actuelle. Je dois avouer que la réaction du public a toujours été étonnante, les a priori qui existent sur la musique contemporaine tendent à tomber lorsqu’on la joue, car il y a, comme vous savez, un moment « spectaculaire » dans l’exécution qui est captivante et permet de cette façon de parler à tout le monde. L’auditeur peut, de cette façon, aussi regarder la musique, notamment dans l’oeuvre de Xenakis qui a mêlé des aspects visuels et scéniques aux éléments purement musicaux. 

À propos de « l’oeuvre d’art total », avez-vous comme projet de réaliser l’un de ses Polytopes par exemple ? Qu’est-ce que vous en pensez, d’ailleurs, de la façon dont Xenakis bouleverse le rapport entre musicien et public – et entre musicien et pièce même ? 

Lorsqu’il voulait plonger le public dans une expérience sonore, au coeur du son et au coeur des musiciens – comme dans la pièce Persephassa – il voulait démontrer qu’afin de se rapprocher des sons naturels, il est nécessaire d’abolir toute forme de barrière. Nous avons eu l’occasion avec le Trio Xenakis de participer au documentaire que Arte a dédié à Xenakis, à l’occasion aussi de l’exposition organisée par la Philharmonie de Paris et on a pu avoir une création lumière, avec des installations led qui donnent une dimension à l’oeuvre qui la subliment (Video II). 

Video II – Iannis Xenakis, Rebonds B joué par Adélaïde Ferrière, extrait du documentaire ARTE, Xenakis: l’architecte du son

D’ailleurs, à propos de l’exécution elle-même, les pièces de Xenakis demandent une prouesse physique parfois épuisante. Est-ce attribuable à sa participation à la guerre ? 

C’est vrai que ces pièces solos étaient réputées comme injouables il y a quelques années. Il y a certes une notion de dépassement de soi, une nécessité de sublimer soi-même dans l’exécution. Pour ce qui concerne la guerre, je ne suis pas totalement convaincue que ses pièces soient créées pour exprimer les sons et les sensations que Xenakis a dû expérimenter pendant la guerre. Il est aussi possible, comme vous le savez, d’associer les sons et les bruits de la musique de Xenakis aux sons de la nature.

Pour ce qui concerne vous et votre carrière, vous êtes également pianiste. Sans compter que de facto le piano est lui aussi un instrument à percussion, pourquoi avez-vous choisi pour la continuation de votre carrière les percussions et pas le piano ?  

Je ne considère pas comme deux instruments différents, même si évidemment les répertoires sont complétement différents. Je ne considère pas ça comme un choix, car je continue à jouer beaucoup de piano, mais certainement il y a tout une composante physique, de danse je dirai, qui est très présente dans les percussions et très peu à mon avis dans l’exécution au piano, qui est plus statique. En ayant pratiqué la danse aussi, cet aspect est fondamental pour moi. 

Pensez-vous également, comme ça a été écrit, que la musique de Xenakis est une musique inhumaine ? 

Non, je pense tout le contraire. Ce n’est pas pour le fait qu’il y a du calcul qu’il n’y a pas d’émotion. Encore une fois, il s’agit d’une forme d’immersion totale dans les sons, ce qui implique une vibration de tout le corps et une participation de tout le corps à la musique.

BIOGRAFIA

Nata in una famiglia di musicisti, Adélaïde inizia a studiare pianoforte e percussioni al Conservatorio di Dijon prima di entrare nella classe del Conservatorio Nazionale Superiore di Musica e Danza di Parigi all’età di 15 anni, dove ha conseguito il Master con i complimenti della giuria nel 2017. Ha inoltre studiato nel 2016 al Royal College of Music di Londra.

Adélaïde Ferrière ha partecipato a numerose anteprime mondiali e ha lavorato con compositori come Philippe Hurel, Thierry Escaich, Martin Matalon, Hugues Dufourt, Alexandros Markeas, Camille Pépin, François Meïmoun, Violeta Cruz, Jean-Pierre Drouet, François Narboni, Mikaël Karlsson, Eric Sleichim, John Palmer, John Psathas…

Si esibisce con artisti del calibro di Renaud Capuçon, Bertrand Chamayou, Vanessa Benelli Mosell, David Guerrier, Juanjo Mosalini, Adrien La Marca, Pierre-Yves Hidique e all’interno del Trio KDM e della Compagnie Les Insectes creata da Bastien David.

Il suo primo disco dedicato al grande repertorio per percussioni soliste “Contemporary” è stato pubblicato dall’etichetta Evidence Classics nel 2020 (Le Choix de France Musique, Joker Crescendo Découverte, Sélection Le Monde, Sélection Le Figaro, 4** BBC Music Magazine). Nel 2020 incide anche una raccolta digitale di singoli su arrangiamenti classici per Évidence Classics e nel 2017 la percussionista ha registrato il titolo “New York” nell’album “Cities II” del chitarrista Thibault Cauvin per Sony Classical. Appare anche nel disco “Des Canyons aux Étoiles” di Messiaen con l’Orchestre de chambre Nouvelle-Aquitaine sotto la direzione di Jean-François Heisser, per la casa Mirare nel 2022.

Adélaïde Ferrière è un’artista Yamaha e Kolberg e ha una collezione di arrangiamenti alle Éditions Svitzer. È supportata egualmente da Adami, Fondazione Safran per la musica, Fondazione svizzera Engelberts per le arti e la cultura, Fondazione Royaumont e Fondazione Singer-Polignac dove è in residenza con il Trio Xenakis.

Artin Bassiri Tabrizi
Artin Bassiri Tabrizi

Artin Bassiri Tabrizi (1992) è dottorando in filosofia delle arti visuali all’Università di Strasburgo (ACCRA). Ha ottenuto un Master in “Arts et Langages” all’EHESS di Parigi. Si è diplomato in pianoforte al Conservatorio F. Morlacchi di Perugia. Le sue ricerche vertono sull’estetica, la psicanalisi e la fenomenologia della musica. Attualmente, insegna filosofia in un liceo parigino. Collabora per le seguenti riviste: Gli Spietati, Quinte Parallele, Teatro e Critica.

e-mail: artin.bassiri-tabrizi2@etu.unistra.fr

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